Nicolas Sarkozy menace l'Iran "d'accroître les sanctions dans tous les domaines"

"La communauté internationale ne peut pas accepter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire", a réaffirmé mercredi Nicolas Sarkozy, menaçant "d'accroître les sanctions dans tous les domaines" si Téhéran ne répond pas aux exigences internationales.

"Rejoints par les Etats-Unis, la Russie et la Chine, les Européens doivent maintenir le cap avec détermination et, faute de réponse de l'Iran, accroître les sanctions dans tous les domaines", a lancé le président français dans un discours aux ambassadeurs français. "Tout doit être mis en oeuvre pour convaincre Téhéran de privilégier la coopération sur l'isolement et sur la confrontation."

"Personne n'a de meilleure stratégie à proposer et, si nous devions échouer, chacun connaît l'alternative catastrophique devant laquelle le monde serait placé (...) : la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran", a-t-il justifié. "Personne ne souhaite que nous aboutissions à cette catastrophe", a-t-il affirmé, appelant les dirigeants iraniens à faire le choix du dialogue. AP   

________________

"L'Iran et Gazprom signent un accord de coopération énergétique" 

AFP - 080713 / TEHERAN (AFP) - Téhéran et le géant russe Gazprom ont conclu dimanche un accord de coopération pour le développement des champs gaziers et pétroliers iraniens, quelques jours après que le groupe français Total eut jugé trop risqué politiquement d'investir en Iran.

"La Compagnie nationale iranienne du pétrole et Gazprom ont signé un accord les engageant à coopérer dans le développement des champs pétroliers et gaziers iraniens", rapporte l'agence Shana, liée au ministère iranien du Pétrole.

Aucune précision n'a été donnée sur les aspects financiers de l'accord, qui signale la volonté de l'Iran de se tourner vers la Russie pour le développement de ses ressources énergétiques, au moment où les entreprises occidentales se montrent hésitantes du fait des pressions sur le dossier nucléaire.

Le directeur général du groupe français Total, Christophe de Margerie, a jugé politiquement trop risqué d'investir pour l'instant en Iran, dans un entretien au Financial Times paru jeudi.

Dans un entretien pour la chaîne de télévision France 24, il a fait état d'un "gel de facto" de l'engagement de Total dans le projet d'exploitation des réserves de gaz (bloc 11) à South Pars, un gisement partagé entre l'Iran et le Qatar et considéré comme l'un des plus grands au monde.

Les capitales occidentales ont fait pression sur les entreprises de leurs pays pour qu'elles cessent de travailler avec l'Iran, et ce pour exhorter Téhéran à suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium. Les pays occidentaux accusent l'Iran de chercher à se doter de l'arme atomique, ce que la République islamique dément.

Washington a également pressé les majors du secteur énergétique à rompre avec Téhéran, en affirmant que maintenir des relations avec l'Iran adressait un mauvais signal dans une période de grande tension.

"Gazprom sera un partenaire coopératif de la République islamique d'Iran", a déclaré dimanche le PDG de Gazprom, Alexei Miller, au président iranien Mahmoud Ahmadinejad, lors d'une réunion à Téhéran, selon la télévision publique iranienne.

L'accord de coopération prévoit une possible participation de Gazprom dans le projet de gazoduc reliant l'Iran à l'Inde via le Pakistan, a précisé Shana. L'accord évoque également une aide russe dans l'acheminement du pétrole de la Caspienne vers le Golfe d'Oman, ainsi qu'une coopération dans le développement du champ pétrolier d'Azadegan Nord, qui fait partie d'Azadegan (sud-ouest), le plus vaste champ iranien.

Des groupes de travail et une société mixte doivent être créés pour mettre en oeuvre l'accord.

M. Miller a fait part de la volonté du groupe russe, premier producteur mondial de gaz, de participer aux "grands projets pétroliers et gaziers, à (ceux de) South et North Pars, Azadegan et aux champs de la mer Caspienne."

M. Ahmadinejad s'est dit de son côté très "intéressé par l'approfondissement des relations avec la Russie sur le plan des activités pétrolières et gazières", selon la télévision publique.

Le développement côté iranien du gisement de South Pars, qui renferme 8% des réserves mondiales de gaz, est en retard par rapport au côté qatari. Les secteurs pétrolier et gazier iraniens souffrent globalement d'un déficit d'investissements étrangers.

Azadegan, dont les réserves sont estimées à 42 milliards de barils, a commencé à être exploité en février.

Avec les deuxièmes plus grandes réserves de pétrole prouvées au monde, l'Iran est le quatrième pays producteur de pétrole au monde, et le deuxième de l'Opep.  

 _______________________________


080316/Selon le président Sarkozy, le dossier nucléaire iranien est « la crise la plus grave qui pèse aujourd’hui sur l’ordre international ». Devant quelques 200 ambassadeurs de France, réunis à l’Elysée pour leur XVème conférence annuelle, il a durci sa position sur l’Iran et a créé ainsi une rupture avec son prédécesseur, Jacques Chirac. Source Journal d'Iran

____________________ 080311/WASHINGTON (AFP) - La Maison Blanche a dit mercredi que personne au sein du gouvernement ne cherchait la guerre avec l'Iran même si le président George W. Bush se réservait toutes les options

"Il n'y a personne dans cette administration qui suggère autre chose qu'une approche diplomatique sur l'Iran", a dit la porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino, au lendemain de la démission de l'amiral William Fallon, à la tête du commandement américain en charge du Proche-Orient. L'amiral Fallon, réputé en conflit avec l'administration Bush sur les politiques menées dans la région, était décrit dans un article récent comme le principal obstacle à une guerre que M. Bush déclarerait contre l'Iran"Je crois que c'est absurde", a répondu la porte-parole, réagissant aux accusations de l'opposition démocrate selon lesquelles l'administration Bush ne tolérait pas les divergences de vues de la part des militaires. 

 

L'IRAN EST LE PRINCIPAL PARAIN DU TERRORISME INTERNATIONAL selon GW Bush / 080114 

 

___________________

En déplacement en Arabie saoudite, dans le cadre de sa tournée au Proche-Orient, le président américain a souligné la menace que représente l'Iran pour tous les pays du monde.

George Bush lors de sa tournée au Proche-Orient (Sipa)

George Bush lors de sa tournée au Proche-Orient (Sipa)

Le président américain George W. Bush a accusé l'Iran d'être le "principal Etat à parrainer le terrorisme" dans le monde, dans un discours prononcé à Abou Dhabi dimanche 13 janvier. 
"L'Iran est aujourd'hui le principal Etat à parrainer le terrorisme dans le monde", a-t-il dit aux Emirats arabes unis dans le cadre d'une tournée régionale commencée la semaine dernière. 

Une menace pour le monde

Les agissements de l'Iran (menaçaient) la sécurité de tous les pays" du monde, a-t-il ajouté.
"Vous avez le droit de vivre sous un régime qui est à l'écoute de vos demandes", a-t-il déclaré dans son allocution, en s'adressant directement au peuple iranien.
"Nous appelons le régime à Téhéran à être à l'écoute de votre volonté et à vous rendre des comptes", a poursuivi George W. Bush.

Soutenir l'effort de paix 

Lors de son intervention, George W. Bush a également appelé l'ensemble des dirigeants arabes à soutenir l'effort de paix entre Israël et les Palestiniens.
"Nous vous appelons à nous rejoindre en engageant les ressources (nécessaires) pour aider les Palestiniens à bâtir les institutions d'une société libre", a-t-il lancé dans son discours.
L'un des objectifs de la tournée du président américain est de promouvoir les négociations de paix israélo-palestiniennes afin de parvenir à un règlement du conflit d'ici à la fin de l'année. Source TEMPSREEL/NOUVELOBS

Du chaos irakien à l’escalade contre l’Iran
"Proclamer que la troisième guerre mondiale a commencé est une chose ; identifier le « nouvel Hitler » en est une autre. Depuis le 11-Septembre, le président George W. Bush a successivement désigné comme adversaire Al-Qaida, l’« axe du Mal », la prolifération des armes de destruction massive, le fascisme islamique, parfois un panachage de tous ces ingrédients. Désormais, le rôle vedette du « méchant » est tenu par l’Iran et incarné par le président Mahmoud Ahmadinejad et ses déclarations provocatrices". Alain Gresh 
_
______________
AGORAVOX
 par Emmanuel Gerlin  
 vendredi 21 septembre 2007
   
Demain, la guerre ?
On croyait avec la chute du communisme en arriver à une paix mondiale: on en est loin. Aujourd’hui, après les déclarations de Bernard Kouchner, tous les regards se portent vers l’Iran, même si l’Iran n’est pas la seule zone de tensions du monde. Devons-nous donc nous préparer au pire, la guerre? Et surtout, quelle guerre?

Déjà, le XXe siècle devait être celui de la paix dans le monde. Après les bilans de 1918 et 1945, on a constaté que c’était plutôt mal parti.
L’emploi de la bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki, apothéose de l’horreur du dernier conflit mondial, a démontré où en étaient les recherches en armement de la puissance américaine. Dans les années qui ont suivi, le fait que l’URSS se dote à son tour de cette arme a fait réfléchir sur les conséquences d’un nouveau conflit mondial, tant pour l’un que pour l’autre des blocs en présence. Miraculeusement, et même si on est parfois passé très près, la "Guerre froide" s’est achevée sans conflit mondial.

En 1991, lorsque l’Union soviétique se disloque, on en arrive à un monde dirigé par les Etats-Unis, et par eux seuls. Cela va-t-il conduire à la paix ? Loin s’en faut.

Le 11 septembre 2001 est sans doute le premier jour du XXIe siècle historiquement parlant. La puissance des Etats-Unis est contestée, et elle l’est par un ennemi qui ne frappe pas comme les précédents.

Après l’effondrement du bloc soviétique, la zone principale de tensions internationales est bel et bien le Moyen-Orient, que l’on peut sans doute qualifier de la même appellation que les Balkans en 1914 : une poudrière. N’oublions pas qu’en 1914 c’est une étincelle qui a mis le feu aux poudres.

Quels sont les enjeux du Moyen-Orient pour nous ? Il y en a au moins un, et un énorme : l’or noir. Mais à coté de ces puits, il y a des régimes qui ne plaisent pas forcément à Washington. Tout oppose en effet le Moyen-Orient à notre civilisation : la religion, souvent aussi le régime... et par conséquent une défiance réciproque.

Et puis, au milieu... Israël, l’Etat juif au milieu des Etats voisins. Ces Etats n’ont pas vraiment apprécié l’implantation d’Israël en Palestine, et ont tout fait pour les repousser. Aujourd’hui, ceux que l’on nomme négationnistes vont jusqu’à dire que le génocide juif n’est qu’une invention occidentale pour une invasion israélienne du Moyen-Orient. Et qui renie une guerre ou un génocide va au-devant d’en vivre un nouveau, c’est dire si l’attitude négationniste est alarmante, alors qu’avec le temps les voix des témoins de la dernière guerre vont progressivement s’effacer.

Il faut dire qu’Israël rend bien à ses voisins leur hostilité : politique expansionniste et interventions militaires, puis non-acceptation de l’existence d’un Etat arabe en Israël, peuvent autant lui être reprochées.

En 2006, la crise libanaise a bien failli déstabiliser durablement tout le Moyen-Orient. La Syrie et l’Iran étaient très près d’intervenir.

L’Iran, justement : son régime islamiste et ses propos anti-israéliens sont inquiétants... Surtout si ce pays, l’une des principales puissances locales, se dote de l’arme atomique. La recherche-t-il pour une simple politique de dissuasion ou pour faire son "ménage" dans la région ? La réponse est impossible à prévoir pour l’heure.

Les Etats-Unis profitent de leur puissance militaire pour tenter de faire leur ordre à eux à l’autre bout du monde. Il est compréhensible qu’ils aient envahi l’Afghanistan en 2001 après les attentats du 11 septembre. Mais leur intervention en Irak était sans doute moins légitime : soit, un dictateur que Bush père n’avait pas réussi à attraper, mais pas la moindre arme de destruction massive, motif du voyage des soldats américains. Seulement... du pétrole !

Quand Bagdad et Kaboul étaient à genoux devant George Bush, celui-ci se félicitait de ses interventions et envisageait déjà de nouvelles conquêtes. Mais on ne peut faire taire un peuple, et à présent Irak et Afghanistan sont des champs de bataille. Les attentats continueront à se multiplier si les Américains restent, ou ces pays basculeront dans un chaos que seules des révolutions islamistes pourront surmonter. Ce qui n’était pas l’objectif. Alors faut-il pour les Américains rester ou partir ? Et puis, à quoi bon créer le chaos ailleurs ?

Va-t-on vers d’autres interventions, et risquons-nous une guerre atomique ? On ne peut ainsi deviner ce qui attend le Moyen-Orient pour les années à venir, mais il y a des raisons de s’inquiéter. D’autant plus que les tensions ne sont pas que de ce côté.

Il y a des inquiétudes à avoir aussi avec tant d’autres pays ! La Russie, par exemple, qui se démocratisait il y a quelques années, d’où son entrée au G8, prend aujourd’hui ses distances vis-à-vis de l’Ouest, et des conflits comme en ce qui concerne l’énergie pourraient refroidir encore plus ses relations avec les Etats-Unis, peut-être jusqu’à une nouvelle guerre froide.

Il n’est pas certain aussi que le développement de la Chine, toujours communiste malgré une économie de marché extrêmement puissante, ne passe comme une lettre à la poste sous le nez des Occidentaux. Les libertés y sont négligées là aussi, et la population vit toujours pauvrement. Mais un pays de plus d’un milliard d’habitants pourrait bien être appellé à jouer un rôle dans le monde de demain, rôle que les Etats-Unis voudraient bien garder.

La Corée du Nord a recemment décidé de stopper ses recherches d’obtention de l’arme atomique sous la pression internationale. Cela est encourageant, mais sera-ce durable ?

Enfin, signalons que les guerres sont monnaie courante de par le monde sans que l’on en parle. Guerres civiles, ethniques... Au Darfour, les crimes succèdent aux crimes pour le contrôle de la région. La Somalie vit aussi dans la guerre. La liste de tous les pays en guerre serait longue.

Le résultat des élections américaines de 2008, où le Parti républicain de George Bush aura du mal à s’imposer malgré son mauvais bilan international, sera déterminant pour l’ensemble du monde. La politique européenne sera elle aussi un facteur essentiel : division comme avant la guerre en Irak, en 2003, ou union ? Et sur les talons des Américains, comme semble le souhaiter le président Sarkozy, ou contre eux, tel que le fit Jacques Chirac en marquant son opposition au conflit irakien de 2003. Dans tous les cas, nos choix marqueront aussi l’ordre mondial.

On ne peut que souhaiter d’éviter la guerre, dotés comme nous le sommes d’armes meurtrières. Mais il est difficile de prévoir à quoi pourrait ressembler le monde demain. Notre petit monde dépend de nos décisions aussi. A chacun de prendre parti : veut-on aller sur de nouveaux conflits internationaux et les morts et destructions qui en découlent... ou encourager la diplomatie et tout faire pour éviter "le pire" ?

Là est la question