Par Olivier KNOX AFP 

WASHINGTON (AFP) - Un ancien porte-parole de la Maison Blanche tire à boulets rouges contre son ex-patron, le président George W. Bush, et fustige l'attitude complaisante des médias américains lors de l'invasion de l'Irak, dans un ouvrage à paraître la semaine prochaine.

 

 

Dans ce livre de 341 pages intitulé "What happened: inside the Bush White House and Washington's culture of deception" (Ce qui s'est passé: au coeur de la Maison Blanche de Bush et la culture de la désinformation à Washington), Scott McClellan accuse le président Bush d'avoir promu la guerre en Irak à coups de "propagande" que les journalistes ont largement relayée, selon lui.

Ce Texan de 40 ans s'en prend également à la réponse désastreuse de l'administration Bush face à l'ouragan Katrina qui avait dévasté La Nouvelle-Orléans en 2005.

"L'un des pires désastres de notre histoire est devenu l'un des pires désastres de la présidence Bush", écrit Scott McClellan dans cet ouvrage dont des extraits sont publiés mercredi dans la presse américaine, en particulier le magzine Politico.

Il stigmatise aussi "la décision d'envahir l'Irak" dont le public américain a déjà jugé selon lui qu'il s'agissait d'"une sérieuse bourde stratégique". Bush s'est "précipité dans une guerre" avec un "calendrier inadapté" et "sans avoir préparé l'après-conflit", relève l'auteur.

"J'aime et admire toujours le président Bush", écrit-il néanmoins dans son livre.

M. Bush, sans répondre directement, a insisté mercredi sur la nécessité de mener la guerre contre le terrorisme, devant les nouveaux officiers de l'Air Force à Colorado Springs (Colorado, ouest).

L'actuelle porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino, a indiqué à bord de Air Force One que le président est "étonné". "Il ne reconnaît pas le Scott McClellan qu'il a engagé, en qui il avait confiance et qui a travaillé avec lui pendant de si longues années" a-t-elle ajouté.

"Et il est déçu que, s'il avait ces préoccupations et ce point de vue, il ne l'ait jamais approché, lui ou quelqu'un d'autre dans son équipe".

Dans son livre, McClellan tire aussi à boulets rouges contre l'ancien stratège et conseiller de M. Bush, Karl Rove, et le responsable de l'équipe du vice-président Cheney, Lewis "Scooter" Libby, accusés de l'avoir dupé à propos de leurs rôles dans le scandale de la divulgation de l'identité de l'ex-agent de la CIA Valerie Plame.

Cette dernière était l'épouse de l'ancien ambassadeur Joseph Wilson qui avait accusé l'administration américaine d'avoir menti sur les prétendues armes de destruction massive de Saddam Hussein.

Révéler au grand public l'identité d'un agent de la CIA est un crime fédéral.

M. McClellan avait démissionné de la Maison Blanche, ou y avait été incité, en avril 2006, éclaboussé par le scandale Plame, qui touchait au bien-fondé de la guerre en Irak et avait fortement entamé le crédit de la Maison Blanche.

MM. Rove et Libby ont rétorqué dans des interviews télévisées séparées mais tout aussi virulentes que Scott McClellan n'avait pas élevé d'objections à l'époque contre les méthodes qu'il dénonce aujourd'hui et n'assistait pas aux réunions-clés où était élaborée la politique américaine.

Principal porte-parole de George W. Bush depuis juillet 2003, Scott McClellan avait déjà travaillé pour le futur président quand il était gouverneur du Texas. Il avait ensuite été son porte-parole pendant la campagne présidentielle de 2000, puis responsable adjoint de la presse à la Maison Blanche.

Un autre ancien porte-parole de la Maison Blanche Ari Fleischer s'est dit "navré" et déconcerté" par ce livre et a jugé, sur la radio NPR (National Public Radio), qu'il aurait dû refuser ce poste s'il n'adhérait pas à la politique menée

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LITTLE ROCK, Arkansas (AP) - L'administration Bush est "la pire de l'histoire" en matière de relations internationales, estime l'ancien président démocrate américain Jimmy Carter dans un entretien publié samedi par le journal Arkansas Democrate-Gazette.

"Nous avons désormais avalisé le concept de guerre préventive (...) alors même que notre propre sécurité n'est pas directement menacée, quand nous voulons changer un régime ou redoutons que notre sécurité puisse à l'avenir être compromise", a déploré M. Carter, 82 ans, qui fut de 1977 à 1981 le 39e président des Etats-Unis.

Cela marque un changement "radical" par rapport aux politiques menées par "toutes les autres administrations", a-t-il souligné. Il a par ailleurs critiqué l'actuel président George W. Bush pour sa politique au Proche-Orient, relevant qu'il y a "zéro pourparlers de paix" entre Israël et Palestiniens.

L'administration Bush, a-t-il poursuivi, a de surcroît "abandonné ou directement" remis en cause tous les accords négociés par ses prédécesseurs en matière d'armes nucléaires et d'environnement.

Interrogé samedi par la BBC, M. Carter a par ailleurs eu des mots très durs pour le soutien apporté par le Premier ministre britannique Tony Blair au président Bush. "Abominable. Loyal. Aveugle. Apparemment servile", a-t-il lancé. "Et je crois que le soutien presque sans faille de la Grande-Bretagne aux politiques erronées du président Bush en Irak a été une tragédie majeure pour le monde".

Selon Jimmy Carter, ce soutien aura permis à l'administration Bush de dire: "OK, nous devons avoir plus raison d'agir comme nous le faisons que ne le pense le monde, puisque la Grande-Bretagne nous soutient". De ce fait, a-t-il estimé, cela a "rendu l'opposition moins efficace, a prolongé la guerre et accru la tragédie". AP