Cet endroit est réservé aux textes qui ont pu retenir mon attention, soit dans le style de l'auteur, dans le vitriol employé à dépeindre certaines situations ou certains faits, soit dans l'actualité toujours édifiante sur des sujets traités par nos "aînés", ou encore par la beauté, la puissance, la poésie où les sensations les plus fortes peuvent se dégager. Ds.2 

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Je saisirai la Destinée à la gorge : certainement elle ne m'abattra pas tout à fait... Il est si beau de vivre mille fois sa vie : non, je le sens, je ne suis plus fait pour une vie paisible.

BEETHOVEN

Il n'est pas facile de changer son cœur : mais il est encore plus difficile de détourner le cours rapide et puissant des choses humaines; c'est donc principalement sur nous que nous devons travailler, et la véritable grandeur se trouve dans ce travail. L'âme est grande par ses pensées et par ses propres sentiments : cela seul est en son pouvoir, et le reste lui est étranger.

VAUVENARGUES

Quelle chimère est-ce donc que l'homme? Quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel prodige! Juge de toutes choses, imbécile ver de terre, dépositaire du vrai, cloaque d'incertitude et d'erreur, gloire et rebut de l'univers...

PASCAL

J'ai fini de tout et avec tout... Je ne sais rien : je ne crois plus ni à la gloire, ni à l'avenir, ni au pouvoir, ni à la liberté, ni aux rois, ni aux peuples. J'habite seul pendant une absence un grand appartement où je m'ennuie et attends vaguement je ne sais quoi que je ne désire pas et qui ne viendra jamais. Je ris de moi en bâillant et je me couche à 9 heures. J'admire ma chatte qui va faire ses petits... et sans travailler, libre d'aller où je veux et n'allant nulle part, je regarde passer à mes pieds ma dernière heure.

CHATEAUBRIAND

Quand j'approche d'un enfant, il m'inspire deux sentiments : celui de la tendresse pour le présent, celui du respect pour ce qu'il peut être un jour.

PASTEUR

Il n'est point de poésie vraie, émue, émouvante, comme il n'est point de passion forte, sans quelque délire, sans un peu de folie. Voyez Shakespeare et tous ces dramaturges à demi fous de la Renaissance anglaise. Voyez encore les adorables poésies et musiques populaires, ces fleurs merveilleuses, écloses, sans culture, sous une pluie de larmes ou sous un rayonnement de la joie. Elles aussi, ne sont-elles pas un peu folles, comme cette Poésie populaire de Delaplanche, qui, nue, à travers champs, marche en jouant du violon, ses yeux noyés d'extase et nageant dans le ciel ? C'est dans une sensation, une émotion, une vision intenses, rendues avec intensité, qu'est le secret de toute poésie, comme de toute peinture, comme de toute musiques supérieures. En ce sens, le génie sans doute confine à la folie, mais comme la santé à la maladie, comme l'hypérémie physiologique à la congestion. Aussi je défie un homme, toujours et absolument calme, d'être jamais un poète. Mais celui qu'ébranle jusqu'au cri aigu, jusqu'à un peu de délire, jusqu'aux larmes, une sensation de beauté, de souffrance ou de joie, celui-là donc, s'il n'est pas muet, s'il peut parler, chanter ou peindre, pourra être, à une minute du moins, un vrai poète ou un grand artiste.

JEAN LAHOR

L'humanité n'a pas, plus que chaque homme, une destinée fatale, inévitable dans la sphère du bien et du mal. L'humanité est libre, elle peut choisir. Le genre humain finira bien ou mal, comme il voudra. Il en est du monde comme de l'homme.

GATRY

Oh! combien de fois ai-je désiré les ailes de l'oiseau, qui passait au-dessus de moi, pour atteindre les bords des mers incommensurables, boire enfin, à la coupe écumante de l'infini, ces délices de la vie qui vous gonflent le sein, et ne fût-ce qu'un seul instant, verser dans ma poitrine étroite une goutte de la félicité suprême de l'Etre qui produit tout en soi et par soi ?

GOETHE

 

 

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