[Général ] 01 septembre, 2008 21:34
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14/06/2008 11:34
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George Bush à l'Elysée pour une réunion de travail avec son "ami" Sarkozy

Par Olivier KNOX AFP -- Le président américain George W. Bush est arrivé samedi matin à l'Elysée pour une réunion de travail avec son homologue français Nicolas Sarkozy au cours de laquelle les deux responsables devaient évoquer les grands dossiers internationaux.

Cet entretien devait se conclure par une conférence de presse conjointe, selon le programme officiel.

Après la Slovénie, l'Allemagne et l'Italie, le président américain est arrivé vendredi après-midi à Paris, avant-dernière étape avant la Grande-Bretagne de son ultime tournée officielle en Europe à quelques mois de la fin de son bail de huit ans à la Maison Blanche.

Lors d'un discours prononcé au siège parisien de l'Organisation pour la coopération de le développement économiques (OCDE), George W. Bush s'est réjoui de l'état des relations entre les Etats-Unis et la France, élevée au rang de "première amie de l'Amérique", et a appelé les pays européens à faire plus pour l'Irak, ainsi que pour l'Afghanistan.

Plaisantant sur le fait que ses cheveux étaient "devenus beaucoup plus gris" depuis son dernier voyage en France, il y a quatre ans, il a ajouté: "Ce qui n'a pas changé, c'est l'amitié entre l'Amérique et la France".

"La France a été la première amie des Etats-Unis et au cours des siècles nos nations sont restées unies lors des moments clef", les deux guerres mondiales, la guerre froide et le 11 septembre, a souligné M. Bush.

"L'histoire récente a prouvé qu'aucun désaccord ne peut entamer les liens profonds qui existent entre nos nations", a-t-il dit.

L'arrivée au pouvoir il y a un an de M. Sarkozy a rétabli un climat de confiance entre Paris et Washington, après des années de tensions dues à l'opposition résolue de Jacques Chirac à la guerre américaine en Irak en 2003.

M. Bush a estimé que les relations "n'ont jamais été aussi larges et dynamiques" entre les Etats-Unis et l'Europe, un "continent puissant et déterminé".

Mais au moment où M. Bush faisait cette remarque, l'Europe des 27 se trouvait plongée dans une nouvelle crise institutionnelle avec l'annonce du rejet irlandais par référendum du traité européen.

M. Bush a appelé les pays européens à faire plus pour l'Afghanistan et l'Irak.

"Nos pays doivent faire en sorte que l'Afghanistan ne redevienne jamais un sanctuaire pour le terrorisme", a déclaré le président américain, se félicitant de l'engagement français d'envoyer des renforts dans ce pays.

Il est "dans l'intérêt de chaque nation de ce continent de soutenir un Irak stable et démocratique", a aussi dit M. Bush. Il a répété que l'Iran ne devait pas acquérir l'arme nucléaire.

Dans la soirée, un millier de manifestants, à l'appel du parti communiste et de l'extrême gauche notamment, ont manifesté contre la venue du président américain dans le centre de Paris, aux cris notamment de "Bush Go Home !" ou de "Bush assassin, Sarko complice !"

M. Bush et sa femme devaient participer à un dîner privé, au Palais de l'Elysée, avec M. Sarkozy et son épouse, l'ex-top model italienne Carla Bruni. M. Bush retournera à l'Elysée samedi matin pour un entretien avec M. Sarkozy.

Les deux dirigeants devraient évoquer les grands dossiers de l'heure, sur lesquels ils affichent une large identité de vues : l'Afghanistan, le nucléaire iranien, le Moyen-Orient ou la flambée du pétrole.

L'ouverture récente de Paris en direction de la Syrie suscite en revanche les réserves de Washington.

Mais au-delà des relations personnelles entre les deux dirigeants, Paris évoque aussi la nécessité de rénover la relation entre l'Europe et les Etats-Unis pour la placer sur "un pied d'égalité".

Peu avant l'arrivée de M. Bush, les chefs de la diplomatie française Bernard Kouchner, espagnole, Miguel Angel Moratinos, et portugaise, Luis Amado, ont appelé à un partenariat transatlantique renouvelé avec la future administration américaine.

L'opinion française, au sein de laquelle M. Bush jouit d'une image dégradée, a elle aussi déjà anticipé un changement à la Maison Blanche. Selon une enquête diffusée jeudi et réalisée dans 24 pays, la France est l'un des pays les plus confiants (64%) dans ce changement. Le candidat démocrate Barack Obama obtient 84% d'opinions favorables en France.
 
 

 

AFP - Jeudi 29 mai, 07h24 

Vladimir Poutine réserve à la France (NDLR/ et à Nicolas Sarkosy) son premier grand déplacement à l'étranger, jeudi et vendredi, en tant que chef du gouvernement, une fonction dans laquelle il reste omniprésent sur tous les fronts de la politique russe, y compris étrangère.

[Général ] 12 juin, 2008 08:44
 Le MINISWINGBAND SE PRODUIRA DEMAIN SOIR 20H 
 

[Général ] 20 mai, 2008 23:06
[Général ] 17 mai, 2008 08:30
"Le droit à l'hébergement, c'est une obligation humaine. Si on n'est plus choqué quand quelqu'un n'a plus un toit lorsqu'il fait froid et qu'il est obligé de dormir dehors, c'est tout l'équilibre de la société, où vous voulez que vos enfants vivent en paix, qui s'en trouvera remis en cause."
"Je veux, si je suis élu président de la République, que d'ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid"
Nicolas Sarkozy. 
 
... Il te reste un peu moins d'1 AN ...
Ds.2-0080517

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070404-MalLoges.jpg"Mieux vaut être blanc, riche et en bonne santé". Coluche

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Mal-logés: Boutin "déterminée", nouveau campement place de Stalingrad

PARIS (AFP) 071102 - Les femmes africaines mal logées qui ont entrepris depuis un mois d'occuper la rue de la Banque, au centre de Paris, ont été à nouveau évacuées par la police jeudi tandis que la ministre du Logement Christine Boutin refusait d'être impressionnée par la "gesticulation médiatique" des vedettes venues les soutenir.

Lors de l'évacuation, trois de ces femmes ont été légèrement blessées et conduites à l'hôpital de l'Hôtel Dieu, l'une souffrant au poignet, une autre à la cheville et une dernière a été victime d'une crise d'épilepsie, selon la police.

Les blessures ont été provoquées "dans la bousculade mais les victimes n'ont pas été poussées" par les policiers et gendarmes mobiles, a-t-on assuré de même source.

Ces femmes, certaines accompagnées d'enfants en bas âge, venaient de passer la nuit sur le trottoir, à l'endroit même où la police avait évacué la veille leur campement de tentes dressées depuis un mois sous les fenêtres du "ministère de la crise du logement", un immeuble squatté du IIe arrondissement.

La police a ensuite bloqué l'accès à cette partie de la rue, interdisant du même coup l'entrée de l'immeuble. Les mal-logées ont reçu la visite des actrices Josiane Balasko et Emmanuelle Béart, venues manifester leur soutien.

"C'est épouvantable, ils sont exploités... Ce sont des gens qui n'ont plus rien à perdre...Ils sont en hébergement, en foyer, dans des hôtels qui sont des marchands de sommeil déguisés et ils veulent pouvoir vivre décemment", a déclaré à la presse Josiane Balasko.

"Quelles sont les séquelles à long terme sur la scolarité de leurs enfants ? Sur la possibilité pour ces femmes de continuer à travailler car elles ont toutes des papiers et elles travaillent ?", s'est interrogée Emmanuelle Béart, favorable aux réquisitions d'immeubles vacants.

La veille, Gérard Depardieu, Guy Bedos et Richard Bohringer étaient venus exprimer leur solidarité. Leur geste a conduit Christine Boutin à assurer dans un communiqué qu'elle ne se laisserait "influencer par aucune gesticulation médiatique, surtout lorsqu'elles émanent de personnalités très estimables dans leur métier mais totalement incompétentes sur les questions du logement".

Elle s'est dite "déterminée à ne pas tolérer que des campements (de mal-logés) s'installent dans Paris". Elle a affirmé qu'elle attendait toujours de la part de l'association Droit au Logement (Dal), qui soutient activement ces femmes, une liste de noms des familles "jugées comme prioritaires pour le logement selon les critères de la (future) loi sur le Droit au logement opposable" (dalo).

Après un premier refus de la part de Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du Dal, Mme Boutin est revenue à la charge. Dans un communiqué, elle a annoncé jeudi soir qu'elle avait une nouvelle fois proposé au Dal de lui remettre cette liste, lors d'une rencontre, vendredi à 15H00, entre son chef de cabinet et M. Eyraud.

Interrogé par l'AFP, M. Eyraud a déclaré qu'il s'y rendrait. Mais il a répété qu'il ne présenterait cette liste des quelque 320 familles africaines ayant participé au mouvement rue de la Banque depuis un mois que "si toutes étaient assurées d'un relogement" et pas seulement celles se trouvant dans "une situation épouvantable".

Choisissant le 1er novembre, premier jour de la trève hivernale pour les expulsions de locataires, une autre association, le Comité Actions Logement (Cal), a tenté d'ouvrir un nouveau front en installant une centaine de mal-logés place de Stalingrad, dans le nord-est de Paris.

Toujours cernés par la police jeudi soir vers 20H00, ils ont exprimé l'intention d'y passer la nuit.
 
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Presque 1 Million d’expulsables !

(c) All rights reserved 070404

Notre pays, selon l’Insee, compte aujourd’hui 722.500 personnes en situation de loyers impayés depuis plus de deux mois. Comme chaque année, la « trêve hivernale" qui court du 1er novembre au 15 mars a expiré. Si les expulsions locatives, qui ont repris depuis, se poursuivent à leur rythme, cette douloureuse « facture sociale » à la française risque de se saler.

Dans la capitale, certains propriétaires fonciers du XX arrondissement n’hésitent pas à réclamer des augmentations de loyer deprès de 300 euros. Ils ne sont pas les seuls. Ces augmentations subites étranglent les locataires du secteur privé des quartiers populaires. Ils se retrouvent, d’un coup, à ne plus pouvoir payer leur loyer et peuvent facilement tomber dans la spirale infernale des « mal-logés », voire des « sans-logement».

En attendant la mise en oeuvre, le 1erdécembre 2008, de la loi adoptée en début d’année sur le droit au logement opposable, plusieurs associations récalment "un moratoire sur les expulsions" des personnes les plus démunies.
Pour tous les autres « mal-logés », il faudra patienter jusqu’au
1er janvier 2012 si le cap est tenu par le gouvernement … - afin que la loi soit appliquée. Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation de l’éminent Abbé qui vient de nous quitter, demande un moratoire pour les personnes les plus démunies et le paiement des indemnités de loyers par la Solidarité Nationale.
Les « sans-logement » devront, quant à eux, attendre encore davantage, jusqu’à quand ? 2020 ? 2030 ? Ds.2

 

[Général ] 04 mai, 2008 22:32

 "Si elle ne se tourne pas rapidement vers BRUXELLES, ANKARA risque de se tourner vers BAGDAD"........... 

  


1ère publication 13/10/2006

Pourquoi se tirer dans le pied en accumulant les obstacles à l’entrée de la Turquie dans l’U.E. Le rappel à l’ordre du Président français (pour des raisons électorales ?) à l’encontre de l’empire Ottoman face à son Histoire avec l’Arménie constitue un butoir supplémentaire et, me semble-t-il, malencontreux. Le besoin de stabilité au Moyen et Extrême Orient requiert que la Turquie ne devienne pas (à trop vouloir la repousser) une ligne Maginot entre l’Orient et l’Occident. Ds.2

 

L’intervention turque en Irak suspendue :

"L’armée d’Ankara a entamé son retrait du Nord irakien.

Après une offensive de grande envergure qui aura duré plus de huit jours, elle menace d’y retourner."

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YOUTUBE INTERDIT EN TURQUIE ... liberté, liberté chérie! Ds.2

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1923. Atatürk proclame la République et la Turquie devient un Etat laïc. La constitution garantit à tous les mêmes droits. 

80 ans plus tard, la Turquie, désireuse d'intégrer l'Europe, se veut un Etat moderne. A Istanbul, cheveux – décolorés en blond - au vent, des jeunes filles proclament leur indépendance. Tout en se revendiquant musulmanes. Le gouvernement turc aurait gagné son pari : montrer au monde que l'islam n'est pas un frein à la modernité et à la démocratie.
Mais plusieurs minorités religieuses font entendre des voix discordantes. Selon eux, la tolérance religieuse n'est toujours pas à l'ordre du jour dans ce pays à grande majorité sunnite. Chrétiens, alevis, derviches : ces trois communautés se sentent particulièrement opprimées. 

En se rendant dans différentes villes, ce documentaire pointe du doigt les contradictions de la Turquie, Etat laïc depuis plus de 80 ans mais où des minorités se disent encore maltraitées. De nombreuses interviews, à la fois des membres de ces communautés et des autorités, témoignent de la vigueur du problème religieux en Turquie. Source VOD

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La Terre ne s'arrête pas de tourner ....



Lundi 23 juillet 2007/ Après l'écrasante victoire de l'AKP obtenue aux législatives, Erdogan a promis d'oeuvrer pour l'unité nationale...

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 Cinq ans déjà ! Pourtant, "la machine (à écrire l'Histoire) est en marche" ...


Il a plu hier soir sur le Bosphore

Le ciel Turc pleure, lui aussi, à l’annonce du couperet tombé vers 22 h ce dimanche soir. Déjà ébranlés par une forte récession et une inflation chronique, l’obtention, de près de 35 % de suffrage - réalisée par le parti de la Justice et du Développement (AK) aux dernières élections législatives turques - est plus inquiétante qu’il n’y paraît pour la population éprise de démocratie et fervente protectrice d’une laïcité déjà bafouée par dix ans de cohabitation pénible. Plus de 41 millions d'électeurs ont été appelés à voter dimanche à ces législatives anticipées.

Seul, le Parti républicain du peuple (CHP) est parvenu à atteindre le cap minimum des 10 % nécessaires pour siéger au Parlement, avec 19,2% des votes en sa faveur, il ne peut prétendre qu’à 179 sièges contre 362 pour l’AK. Autant dire que le CHP et son leader social-démocrate pro-laïque, Deniz Baykal, ne font pas le poids. Ce vote, décrit par beaucoup comme un vote sanction mais qui a terrassé  dans le même temps tous les autres partis en course, prive dès lors près de la moitié des citoyens d’une représentation à l'Assemblée. C’est grave et sans précédent. En Turquie, comme ailleurs, quand on sait pertinemment que certains partis politiques utilisent la démocratie pour instaurer et servir un régime anti-démocratique une fois qu’ils ont accédé au pouvoir.

L’exposition photographique sur Mustafa Kemal qui se déroule, justement, en ce moment dans le somptueux et très récent centre commercial Akmerkez, est-elle symbolique d’une lutte culturelle menée pacifiquement pour crier les peurs et les espoirs redoublés par cette échéance électorale ? Dans ce pays où Atatürk, « le père des turcs », a notamment réussi la prouesse d’obtenir le droit de vote des femmes bien avant de nombreux pays, dont la France. Resté président de la Turquie de 1923 jusqu’à sa mort en 1938, Mustafa Kemal Atatürk a consacré sa vie à mettre en place les piliers d’une société moderne, introduisant le principe de laïcité comme l'un des fondements de la nouvelle constitution turque.

Partout, flottaient encore au vent lundi matin, dans les rues d’Istanbul, les fanions multicolores des 18 partis qui représentaient les presque 10.000 candidats convoitant l’un des 550 sièges de l'Assemblée monocamérale, élue à la proportionnelle. Recep Tayyip Erdogan, le grand vainqueur de ces élections, issu d'un parti islamiste interdit, jadis emprisonné pour incitation à la haine raciale et, aujourd’hui inéligible pour la même raison, devra s’effacer visiblement au profit du vice-président de l’AK, Abdullah Gül, islamiste et dont le parti a été dissout par la justice pour « activités anti-laïques ». Recep Tayyip Erdogan, président de l’AK, prône aujourd’hui les valeurs de l'Etat laïc mais la société civile laïque et les militaires ne sont pas dupes de son islamisme nouvellement modéré. Trépignant d’impatience à l’idée d’entrer dans l’Union Européenne, M. Erdogan souhaite que celle-ci s’engage, dès l’année prochaine à Copenhague, sur un calendrier de négociation. Heureux bénéficiaire d’une image de stabilité rassurante, véhiculée par son écrasante victoire aux législatives dimanche, M. Erdogan s’apprêtait dès mardi à la visite de plusieurs capitales européennes. Et, sans ironie ni provocation aucune, il commencera son tour de piste par Athènes.

Plusieurs représentants de la Chambre du Commerce turque ont débarqué à Paris lundi matin, en éclaireurs, sans doute confortés par la « grimpette » de 6,1% enregistrée à la Bourse d'Istanbul au lendemain des élections. Dans le même temps, d’autres natifs turcs ont décollé lundi matin du très moderne aéroport d’Istanbul/Atatürk - qui porte d’ailleurs le nom donné à Mustafa Kemal - et sont arrivés en France 3h20 plus tard par le même vol, A 340-311 de la compagnie Turkish Airlines. Profitant du week-end de la Toussaint, pour remplir leur devoir de citoyens dans ce pays où le choc des civilisations est à son apogée, ces kémalistes sont repartis l’index droit marqué de leur vote et le cœur marqué par la douleur des résultats. 

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Par Burak AKINCI

ANKARA (AFP) - Le Premier tour de vote au Parlement turc pour désigner le Président de la république, se déroule vendredi sur fond de controverse juridique à Ankara sur les modalités de ce scrutin, tandis que les défenseurs de la laïcité s'apprêtent à manifester dimanche à Istanbul.

La direction du parti de la Justice et du Développement (AKP, issu de la mouvance islamiste), au pouvoir, a évoqué lors d'une réunion jeudi le débat entourant le scrutin présidentiel où leur candidat est le ministre des Affaires étrangères Abdullah Gül.

Pour être élu au premier tour vendredi à ce poste largement honorifique pour sept ans non-renouvelables, M. Gül devrait recueillir plus des deux tiers des suffrages, soit au moins 367 voix. L'AKP dispose d'une majorité de 352 sièges (un député a démissionné jeudi mais devrait assister au vote) sur 550.

Le vote est acquis, car au 3e tour, le 9 mai, la majorité absolue (276) suffit, mais une bataille légale est en cours et risque de plonger le pays dans une crise politique.

Mercredi, M. Gül a rencontré l'opposition parlementaire pour tenter de rallier son soutien.

Le principal parti d'opposition laïque, le Parti républicain du Peuple (CHP), a jeté un pavé dans la mare en déclarant qu'il boycotterait l'élection et qu'il saisira la Cour constitutionnelle pour invalider le vote s'il a lieu sans que soit atteint le quorum de 367 députés, indispensable selon le CHP pour élire le président.

L'AKP déclare que 184 membres suffisent pour ouvrir la séance de vote. "Je ne vais pas chercher 367 députés dans la salle pour ouvrir la séance", prévue à 12H00 GMT, a insisté le président AKP du parlement, Bülent Arinç. "Ce ne n'est pas un débat juridique mais politique", a martelé de son côté le ministre de la Justice Cemil Ciçek.

Les juristes sont également divisés sur le sujet.

La présidente de la Cour constitutionnelle Tülay Tugcu a promis de statuer rapidement sur une éventuelle démarche du CHP, avant le deuxième tour de vote, mardi prochain. Si la Cour décidait d'invalider le vote, des élections législatives anticipées pourraient être convoquées d'ici à trois mois. Les législatives doivent normalement avoir lieu en novembre.

Certains parlementaires indépendants ont exprimé leur appui à M. Gül, tandis que deux partis conservateurs (totalisant 24 sièges), dont le ralliement hypothétique lui permettrait d'être élu dès vendredi, étaient très réservés. Ils ont exhorté le gouvernement à anticiper les élections pour qu'un nouveau parlement puisse élire le chef de l'Etat.

Les observateurs en ont déduit qu'ils ne participeraient pas au vote vendredi, ce qui empêcherait de réunir le quorum de 367 députés.

Parallèlement à cette controverse légale, la Turquie se demandait jeudi si M. Gül, nommé candidat 48 heures auparavant, pouvait apaiser les craintes des milieux laïques. Cet homme de 56 ans, militant anti-européen dans son temps mais qui s'est fermement engagé à la tête de la diplomatie en faveur du lancement en 2005 des négociations d'adhésion à l'UE, est considéré comme une personnalité modérée.

Il est un islamiste reconverti comme le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et son épouse porte le foulard, perçu comme une manifestation de militantisme politique islamique. "Je suis attaché au principes d'un Etat séculier et démocratique, dans la pratique", a assuré jeudi le candidat au quotidien Milliyet.

De nombreuses organisations ont appelé à une manifestation dimanche à Istanbul pour "dire +non+ à l'intégrisme et au fascisme raciste et islamiste", selon les organisateurs. Une manifestation similaire avait réuni de 500.000 jusqu'à 1,5 million de personnes à Ankara à la mi-avril, selon diverses estimations, et aurait contribué à dissuader M. Erdogan, pressenti pour remplacer le président sortant Ahmet Necdet Sezer, de se présenter.