Paris, juin 2078….

 

Comme un oiseau sur la branche

Je vous observe en silence

Je vous chante maintenant sans relâche

Toute ma douleur sans menace

 

Monsieur le président de l’Humanité

Je vous adresse par avance

Cette brève missive en souhaitant
Qu’à la veille de mon heure blanche

Vous pardonniez mon arrogance

Mais je pense qu’il y a urgence

Vous disiez harmoniser les apparences

De vos accords toujours en dissonance

Vous déclariez des ennemis qui avancent

Au son d’une marche en concordance

Avec vos cahiers de doléances.

 

Depuis ce jour marqué d’une pierre blanche

Dans cette inhumanité régnante

Vous tentiez d’abuser nos espérances

Quand vous rouliez sur l’or de vos exigences

Toujours avec négligence

 

Comme un oiseau sur la branche

Je vous observe en silence

Je vous chante maintenant sans relâche

Toute ma douleur sans menace

 

J’ai presque cent huit ans maintenant

Pourtant, je m’attriste davantage qu’avant

Votre Déesse Maya, votre dieu Argent

Qui ornent vos plus grandes places de richesse

Bien plus noires que nos poumons gris réunis

 

Dans la nuit glaciale qui oppresse déjà

Je sollicite aujourd’hui votre bienveillance

Monsieur le président de l’Humanité

Afin qu’avant mon dernier voyage

Qui m’emmènera vers d’autres rivages

 

Je puisse voir refleurir avec bonheur

Toutes les pensées de chaleur

Toutes les roses écloses au fond de nos cœurs

Les vertes vallées de candeur

Les bleuets éclatants de douceur

 

Comme un oiseau sur la branche

Je vous observe en silence

Je vous chante maintenant sans relâche

Toute ma douleur sans menace

DS.2-00030728(c)
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